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Rencontres Mes héroînes sont des géantes de papiers : Carole Martinez à la médiathèque de Mugron

Mes héroînes sont des géantes de papiers : Carole Martinez à la médiathèque de Mugron

carolemartinez

 Ce fut un enchantement que d’écouter Carole Martinez, invitée dans le cadre de Rendez-vous à la médiathèque de Mugron ce mardi 25 juin

Vive, spontanée, captivante, elle nous a  ouvert son univers avec l’art de ceux qui savent capter les détails, et relier entre eux les fils de l’imaginaire et les signes que nous livrent le quotidien.

Une magicienne et plus encore une tisseuse de mots car il fut aussi question de couture et de femmes...

 


Cœur cousu
  

"Je voulais qu’elle ait un métier"  nous dit-elle en évoquant Frasquita, l’héroïne de son premier roman Cœur cousu.  « Il y a tellement de choses magnifiques à faire autour de la couture"  et c’est ainsi que l’étymologie devient aussi source d’inspiration. Entre le  texte et le textile il n’y a qu’un pas, donc Frasquita  sera couturière … de  cette histoire de famille que lui racontait sa grand-mère (une histoire en forme d’avertissement ou pour résumer : il faut se méfier des hommes et tenir les cordons de la bourse…) Carole Martinez mettra 14 ans à tramer son roman remettant sans cesse son cœur à l’ouvrage jusqu’à trouver la juste phrase. « Le roman permettait de sortir du récit, de recoudre, de réparer, cette histoire de désir c’est pas pour rien qu’elle est couturière… »


Le Domaine des Murmures

Carole Martinez n’est pas férue de la période  du Moyen-Âge, n’aime pas spécialement le vieux français et son domaine des murmures tel qu’imaginé  devait être l’antichambre du désir, une histoire de couple façon Barbe-bleue… et pourtant  magie du processus créatif  naquit Esclarmonde, femme du XII siècle « autre géante de papier », femme emmurée, témoin de son siècle depuis sa fenestrelle. Comme elle nous le confie « Je prévois quelque chose et je pars ailleurs, j’aime bien cette aventure ».

Voilà où la mène l’écriture, puisque c’est " l’écriture qui mène la barque" souvent vers des destins de femmes et si elle est pleine d’admiration pour elles,  elle n’en éprouve pas moins de la tendresse pour ses personnages masculins. Elle poursuit encore sur le pouvoir des reliques, des fées , des saints qui créent une passerelle entre le monde populaire et le monde savant… et magie de l’instant un papillon facétieux  s’invite à la soirée…

Carole Martinez nous dit encore que ce qu’elle cherche avant tout en écrivant c’est à s’émouvoir elle-même, elle est sa propre lectrice et si elle nous émeut aussi, alors c’est fabuleux

En ultime cadeau elle nous livre les prémices de son prochain livre. Il se situera au  XIV° siècle. Une enfant est déposée dans une seigneurie pour plus tard y  épouser le fils de famille. Celui-ci souffre d’un  handicap, « il est idiot, non pas bête » insiste-telle mais doté de cette idiotie qui confine à l’empathie… rien n’est encore écrit mais Carole Martinez a  déjà commencé à nourrir son histoire

maisonartsjpg 2L'exposition sonore élaborée par Anthony Baccheta et PropAgand Poétik, ouvrait la soirée. Trente  minutes de lecture d'extraits du livre "Le domaine des murmures" par des voix limpides, cassées, vieillies, émues, tendues, graves, aiguës ou enfantines sur un paysage sonore où se mèlent choeurs lointains, musique originale, jeu subtil de bruitage.

 


Là encore il était question de tissage de mots, de son et de l'émotion suscitée par une écoute singulière.

 

maisonartsjpg 1Cette soirée était décidemment propice à la création....les artistes de la Maison des Arts de Mugron proposaient, en effet, une très belle exposition inspirée de ses livres.

Ou comment l'oeuvre d'un auteur peut devenir la source bienheureuse de l'inspiration. 

 

 

 

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