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Une étincelle de soi : Jakuta Alikavatovic était à Dax

Index de l'article
Une étincelle de soi : Jakuta Alikavatovic était à Dax
En quête de traces
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18.04.28 Photo RV Alikavazovic

 

 

 

 

 

 

C'est à Dax, qu'avait lieu ce Rendez-vous d'avril en compagnie de Jakuta Alikavazovic, rendez-vous qui s'inscrivait dans cette fête du livre et des auteurs que sont les Rencontres à lire.

 

 

 

Le modérateur Jean-Antoine Loiseau en rappelant quelques éléments biographiques  de l'auteur propulsait le public venu très nombreux (plus de 120 personnes) dans  un univers singulier. De mère bosniaque et  de père monténégrin, Jakuta Alikavatovic est professeur et traducteur d'anglais ; et si elle écrit en français, sa langue d'écriture, elle parle également bosnien, langue qui lui fut enseignée par sa mère durant sa prime enfance, à Paris où elle est née.
 
C'est loin d'être un détail tant le langage, la possibilité ou plutôt l'impossibilité de dire, les silences, traversent son œuvre et trament ses récits.
Il en fut largement question dans cet entretien qui aborda principalement son dernier ouvrage l'Avancée de la nuit publié aux Editions de l'Olivier.

 

Une histoire d'amour

Le roman repose sur un motif apparemment classique, celui d'une histoire d'amour fou, absolu, qui va lier les destins de  Paul et Amélia pour le meilleur mais rapidement pour le pire tant ils seront rattrapés par le poids des origines.

Ils  se rencontrent à l'université, Paul paye ses études en étant veilleur de nuit dans l'hôtel où loge Amélia : deux milieux opposés, des passés différents mais où affleurent comme dans un front renversé les similitudes : la guerre, l'exil, la quête des origines, la peur. C 'est dans cet hôtel froid et impersonnel, peu propice aux transports amoureux qu' ils vont s'aimer, où ils faire l'expérience de la fusion des corps et de l'esprit.
Il n'y aura pourtant pas de happy end, l'enjeu du roman étant résolument ailleurs, entre fuite et quête de mémoire.

L'auteur au jeu des questions-réponses va nous éclairer sur cette mécanique de la mémoire et de la transmission.


j alikavazovic2

 

En quête de traces


C'est un roman sur la mémoire qu'on croit perdue et qu'on retrouve mais pas dans les endroits où l'on croit qu'on aurait pu la trouver, nous propose l'auteur comme une explication à la quête d'Amélia et plus tard de celle de sa fille Louise : les mères disparaissent, s'enfuient, abandonnent et  leurs présences fantomatiques irriguent le roman comme une intranquillité inhérente à la guerre, au conflit. Et les filles les cherchent...Amélia en cherchant sa mère, cherche la guerre et trouve une ville qui se reconstruit, et c'est alors que disparaissent les stigmates, les traces  de la mère, la ville en reconstruction efface le passé, le dissout.


Pour Paul, le passé porte un voile. Le père de Paul ne raconte rien,ne parle pas de l'exil, le nom du  pays d'origine n'est pas évoqué. La non-transmission dans ce cas là fait office de protection. Ainsi nous dit l'auteur, qui ne cache pas sa tendresse pour ce personnage, le père en donnant un prénom neutre, plein de douceur a Paul, lui fait le cadeau d'un camouflage réussi, d'une discrétion qui protégera son fils : un prénom pour ne pas être assigné à ces origines. Jakuta Alikavazovic ne tranche pas sur cette alternative : dire ou ne pas dire, dévoiler ou ne pas dévoiler ? Est-ce se replier, se renier que de se couper de la langue d'origine ? N'est-ce pas une très grande preuve d'amour de la part du père que de participer à l'assimilation de son fils ?

Jakuta Alikavazovic est portée par ce récit qui par bien des endroits échappe à la fiction en tant que pure invention.

 

 

Une étincelle de soi

 

Ecrivain-voyeur, je flotte au dessus de mes personnages, sur une partie de mon histoire  une histoire qui nous concerne tous, puisqu'on hérite de cette Europe où les noms de Yousgoslavie, Serbie, de Sarajevo, tracent les contours douloureux de ces zones de guerre. Il y a comme une étincelle de soi au dessus des personnages .
J'avais envie d'écrire sur une héroïne forte, sur le prix que payent toutes les femmes en essayant d'être libres, de trouver des réponses. C'est un personnage qui se consume avec assez de force pour que sa lumière éclaire tout le monde.

Il s'agit bien d'une fiction qui emprunte beaucoup à l'auteur, à sa vie, à son passé, à sa famille.
L'auteur se rend une à  deux fois par an dans sa famille, elle apprend le bosnien, dans les années 80 n'allait pas de soi de parler sa langue maternelle. Enfant elle voit des images à la télévision d'une ville assaillie, bombardée, fragilisée, cela a eu un effet indéniable sur le regard qu'elle porte au monde.

Et sur l'écriture, l'auteur se confie :
L' écriture, on croit que l'on fait ce que l'on veut, mais on revient sur son sillon, il me colle à la peau, à la page, chaque fois que j'écris un livre, il ressemble toujours aux autres, on n'échappe pas à soi même, c'est plutôt une bonne chose.
 
Si l'auteur par superstition ne préfère pas parler de son prochain livre, gageons que cette rencontre aura donné envie pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait, de plonger dans l’œuvre de Jakuta Alikavatovic et de retrouver sa profondeur et sa grâce.

 
 
 

Ecoutez un extrait de la rencontre :


Enregistrement réalisé par Anthony Bacchetta avec le soutien de la

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