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Une étincelle de soi : Jakuta Alikavatovic était à Dax - En quête de traces

Index de l'article
Une étincelle de soi : Jakuta Alikavatovic était à Dax
En quête de traces
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j alikavazovic2

 

En quête de traces


C'est un roman sur la mémoire qu'on croit perdue et qu'on retrouve mais pas dans les endroits où l'on croit qu'on aurait pu la trouver, nous propose l'auteur comme une explication à la quête d'Amélia et plus tard de celle de sa fille Louise : les mères disparaissent, s'enfuient, abandonnent et  leurs présences fantomatiques irriguent le roman comme une intranquillité inhérente à la guerre, au conflit. Et les filles les cherchent...Amélia en cherchant sa mère, cherche la guerre et trouve une ville qui se reconstruit, et c'est alors que disparaissent les stigmates, les traces  de la mère, la ville en reconstruction efface le passé, le dissout.


Pour Paul, le passé porte un voile. Le père de Paul ne raconte rien,ne parle pas de l'exil, le nom du  pays d'origine n'est pas évoqué. La non-transmission dans ce cas là fait office de protection. Ainsi nous dit l'auteur, qui ne cache pas sa tendresse pour ce personnage, le père en donnant un prénom neutre, plein de douceur a Paul, lui fait le cadeau d'un camouflage réussi, d'une discrétion qui protégera son fils : un prénom pour ne pas être assigné à ces origines. Jakuta Alikavazovic ne tranche pas sur cette alternative : dire ou ne pas dire, dévoiler ou ne pas dévoiler ? Est-ce se replier, se renier que de se couper de la langue d'origine ? N'est-ce pas une très grande preuve d'amour de la part du père que de participer à l'assimilation de son fils ?

Jakuta Alikavazovic est portée par ce récit qui par bien des endroits échappe à la fiction en tant que pure invention.

 

 

Une étincelle de soi

 

Ecrivain-voyeur, je flotte au dessus de mes personnages, sur une partie de mon histoire  une histoire qui nous concerne tous, puisqu'on hérite de cette Europe où les noms de Yousgoslavie, Serbie, de Sarajevo, tracent les contours douloureux de ces zones de guerre. Il y a comme une étincelle de soi au dessus des personnages .
J'avais envie d'écrire sur une héroïne forte, sur le prix que payent toutes les femmes en essayant d'être libres, de trouver des réponses. C'est un personnage qui se consume avec assez de force pour que sa lumière éclaire tout le monde.

Il s'agit bien d'une fiction qui emprunte beaucoup à l'auteur, à sa vie, à son passé, à sa famille.
L'auteur se rend une à  deux fois par an dans sa famille, elle apprend le bosnien, dans les années 80 n'allait pas de soi de parler sa langue maternelle. Enfant elle voit des images à la télévision d'une ville assaillie, bombardée, fragilisée, cela a eu un effet indéniable sur le regard qu'elle porte au monde.

Et sur l'écriture, l'auteur se confie :
L' écriture, on croit que l'on fait ce que l'on veut, mais on revient sur son sillon, il me colle à la peau, à la page, chaque fois que j'écris un livre, il ressemble toujours aux autres, on n'échappe pas à soi même, c'est plutôt une bonne chose.
 
Si l'auteur par superstition ne préfère pas parler de son prochain livre, gageons que cette rencontre aura donné envie pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait, de plonger dans l’œuvre de Jakuta Alikavatovic et de retrouver sa profondeur et sa grâce.

 
 
 

Ecoutez un extrait de la rencontre :


Enregistrement réalisé par Anthony Bacchetta avec le soutien de la

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