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L’appel des horizons lointains est terriblement Queffélec

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Bien loin de la Bretagne chère à son cœur, c’est à Saint-Perdon, petite commune landaise de 1800 habitants, qu’hier soir Yann Queffélec avait « Rendez-vous » avec ses lecteurs.

 

 

 

Après un détour par le lycée Victor Duruy à Mont de Marsan où son père Henri Queffélec, le grand écrivain maritime du XXème siècle a enseigné, c’est devant plus de 120 personnes conquises par ses anecdotes et sa voix de conteur que Yann Queffélec s’est prêté au jeu des questions-réponses du critique littéraire Jean-Antoine Loiseau.

 

quef1Après « Le Charme noir » encensé par la critique, Yann Queffélec connaît le succès avec « Les Noces Barbares », son deuxième roman. C’est à la table d’Antoine Gallimard, une fourchette à la main, qu’il apprend qu’il est le lauréat du prestigieux prix Goncourt.

Dès cet instant sa vie d’écrivain bascule, « un rêve dont il est difficile de s’extraire », nous dit-il.

C’est d’une cabine téléphonique qu’il annonce la nouvelle à son père avec qui il entretient, depuis son enfance, des relations complexes. Le « Big Boss » comme il le nomme est furieux. Il n’a jamais été publié chez Gallimard et n’a jamais obtenu le Goncourt. Ils ne se reverront pas pendant une année.

Yann Queffélec rend un hommage vibrant d’amour filial à ce père dans « L’homme de ma vie » paru en 2015 aux éditions Guérin.

Les relations entre père et fils sont empreintes de rivalité, d’austérité mais aussi d’admiration.

Très jeune, Yann Queffélec est passionné par la linguistique et les techniques d’écriture. Il profite d’instants volés pour parler de littérature avec son père par exemple lors de longues marches (auxquelles il n’était d’ailleurs invité qu’en l’absence de son frère aîné). Yann Queffélec écrit aussi des poèmes pour plaire à sa mère qui décèle son talent naissant mais son père n’y voit que l’œuvre « d’un sale petit plagiaire » ou d’un jeune prétentieux « qui se prend pour Paul Valéry »

Le cercle familial est souvent le point de départ de ses romans. Il aime décrire les non-dits, les secrets, les drames. Il s’intéresse à la contradiction humaine et pourrait s’identifier à certains de ses héros qu’il juge authentiques et vrais. Il aime également s’emparer des lieux qui créent une atmosphère et participent à l’intrigue sans pour autant en faire une description fine.

La deuxième passion de Yann Queffélec est la Bretagne. Il nous dit être en « escale à Paris et avoir son esprit toujours tourné vers l’Ouest ». Son « Dictionnaire amoureux illustré de la Bretagne » est une mine de découvertes où se côtoient histoire de la Bretagne et attachement familial. Son seul regret est de ne pas parler le breton, c’était également celui de son père. Même s’il pense qu’un jour le breton sera une langue morte, il encourage le renouveau des langues locales car en « interdisant leur parler on a tari une source de données qui pâtit à l’esprit et à la connaissance ».

La soirée s’est terminée par une longue série de dédicaces durant laquelle Yann Queffélec a pu échanger en toute convivialité avec de nombreux lecteurs.

 

 

Retrouvez les livres de Yann Queffélec dans vos médiathèques.

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