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Tobie Nathan à la médiathèque de Pontonx

 

tnathanp1Mardi 26 janvier à la médiathèque de Pontonx sur l'Adour, les chaises ont manqué pour accueillir les 120 personnes venues à la rencontre de Tobie Nathan.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Essayiste et romancier, quelques temps diplomate, professeur de psychologie clinique et pathologique à l'université de Paris VIII, il est l'’un des pères de l’ethnopsychiatrie en France.

C'est un homme brillant et chaleureux qui s'est prêté au jeu des questions de Jean-Antoine Loiseau.

Pendant plus de 2h, tel un conteur oriental, Tobie Nathan a partagé avec humour et anecdotes  sa vie et ses expériences avec un public de tout âge.

 

" Je m'appelle Tobie Nathan. En vérité, je suis né après ma naissance. La France, mon pays, j'y suis arrivé un peu tard, en 1958 - comme de Gaulle au pouvoir - déjà âgé de dix ans, déjà fabriqué, pour ainsi dire. Les français sortaient de la guerre ; nous sortions d'Egypte, arrivés tout droit de l'Antiquité..........La France, je l'ai rencontrée aussitôt arrivé, dans le même temps où je me suis découvert. Je veux donner un double sens au mot découvrir, à la fois se dévêtir, se montrer, et aussi connaître, reconnaître sa propre étrangeté..... "

 

Son étrangeté, Tobie Nathan l'a d'abord ressentie à l'école, confronté à la moquerie de son enseignant -" Monsieur M....j'aimerais dire son nom, mais il vaut mieux ne pas troubler le sommeil des morts" et aux quolibets de ses camarades. "On rencontre la France à travers ses institutions" nous dit-il, le sourire aux lèvres.

Son portrait, Tobie Nathan  le brosse dans "Ethno-roman", un livre qu'il a commencé à écrire "quand il est né".

 

A la question de J.A. Loiseau sur son travail d'écriture, il répond en plaisantant " Mais je ne sais pas écrire ! je ne fais qu'un plan d'une 1/2 page, c'est mes personnages qui me capturent. Je n'écris que la nuit, jamais avant minuit, ça ressemble à une transe.... je laisse mon corps et mon âme, ma plume aussi.... la plupart de mes personnages sont de la rue.... ils ressemblent à mes patients".

"J'ai commencé à écrire des romans policiers car le polar c'est comme la psychanalyse - soit vous m'invitez à entrer dans votre vie, soit je m'y invite de force. Je préfère la deuxième"(rires). Le polar a été aussi pour lui l'occasion de donner la parole aux gens de la rue, aux gens venus d'ailleurs, de pénétrer leur être pour les décrire de l'intérieur comme dans son premier roman Saraka Bô paru en 1993. Ce roman, lui a permis aussi de rire de ses pairs, puisque tous les "flics du roman portent un nom de psychanalyste".

 

L'autodérision n'est jamais loin, même si sa pensée s'est construite avec des hommes comme Freud, Lacan, Didier Anzieu ou Georges Deveureux, "mon maître même si je pense le contraire de lui".

Lors de ses recherches, Tobie Nathan s'est intéressé à la psychanalyse, aux psychothérapies, et s'est passionné pour l'ethnopsychiatrie qui lui a permis d'étudier les techniques de nombreux guérisseurs en Afrique et au Moyen-Orient. C'est avec enthousiasme, humour et un brin de provocation qu'il partage avec le public quelques rencontres exceptionnelles ou moments rares, étranges ou cocasses que l'on peut retrouver par exemple dans "Nuits de patience".

Il nous parle aussi de sa vie au service des migrants de toutes origines, de leur attachement à des lieux, à des rituels, à des esprits - "les invisibles", à l'importance de la langue, des mots, de la traduction lors des consultations qui se font toujours à plusieurs et gratuitement au sein de l'UFR de l'université Paris VIII. 

Il pense que l'anthropologie et l'ethnologie n'ont pas d'avenir en France car à l'inverse du Canada par exemple notre pays s'intéresse peu aux différences culturelles et à la question d'un lecteur sur l'avenir des peuples de la terre et de la ruralité aujourd'hui il répond "Les paysans sont comme des païens, ils ont une relation particulière avec les invisibles, une pensée, un savoir qui s'est construit au fil du temps et qu'il convient d'écouter".

 

La soirée s'est clôturée sur la lecture de la magnifique page 296 de "Ce pays qui te ressemble"

 

 Quelques moments de la rencontre :


Enregistrement réalisé par Anthony Bacchetta  avec le soutien de la

logDRAC

 

Bien d'autres questions sont restées en suspens, mais il était l'heure de passer à la dédicace de vos livres et l'heure pour tous de se rafraîchir au buffet offert par la médiathèque et la municipalité de Pontonx.


 

 

ce pays qui te ressemble

En savoir plus :

 

Bibliograhie

 

 

Le Blog de Tobie Nathan.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

E-mission MDL 1 Tobie Nathan from Mediatheque des Landes on Vimeo.

 

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