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Pour Janine Boissard « l’écrivain est un porte-voix »

boissard1screenshot001Janine Boissard était hier soir l’invitée de la médiathèque de Mugron dans le cadre de Rendez-vous.

 

Rayonnante et élégante, cette dame de bientôt 80 printemps a captivé pendant plus d’une heure ses lecteurs en racontant sa riche vie d’auteur (au masculin, elle y tient !).

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Janine Boissard est née dans une riche famille de la grande bourgeoisie parisienne. Enfant turbulente et différente sachant lire couramment à cinq ans ; nommée « l’anormale » par ses camarades de classe et considérée par sa famille comme ayant « mauvais esprit », elle est ballottée d’une pension à l’autre et renvoyée de plusieurs établissements dans lesquels elle ne réussira jamais à s’intégrer.

 

A quinze ans, contrainte par sa famille, elle quitte l’école et n’aura jamais son baccalauréat mais avec pour rêve celui de « devenir célèbre pour être acceptée » et en cela elle cite Braque : « l’art est une blessure devenue célèbre ».

 

 

Passionnée de musique et de littérature, elle hésite entre deux carrières et décide après quelques échecs au piano « de mettre de la musique dans ses livres ».

 

C’est en cachette et sous son nom d’épouse qu’elle écrit son premier livre « Driss ». René Julliard, son premier éditeur lui dira « vous êtes sans aucun doute un écrivain, mais pour celui-ci il faudra tout recommencer». C’est avec « B comme Baptiste » qu’elle connaît son premier succès populaire ; ce sera le premier polar écrit par une femme à intégrer la Série noire.

En 1977, sous son nom de jeune fille et sur les conseils de son agent qui lui recommande d’écrire  la version moderne « Des quatre filles du docteur March » paraît « L’esprit de famille ». Le roman devient un best-seller, obtient deux voix au Fémina et est adapté pour la télévision. Un « miracle inattendu mais espéré» nous dit-elle.

 

 

C’est ensuite avec beaucoup d’humour qu’elle nous raconte sa manière d’écrire.

Levée à cinq heures du matin, c’est à la plume et d’une manière spontanée qu’elle écrit (Ils ne sont plus que deux écrivains à le faire !).

Pour construire ses histoires, elle se documente beaucoup, sur les lieux entre autres ; puis compose la biographie de tous ses personnages, leur crée un arbre généalogique ou plus joliment dit « une chêneraie » (même si le mot n’existe pas dans le dictionnaire !). Les histoires de famille la passionnent toujours autant, elle aime les ancrer dans la réalité d’aujourd’hui avec des problématiques contemporaines. Pour elle, l’écriture change « avec l’époque », elle pense qu’on ne peut plus écrire « comme Balzac ou Zola  car les gens sont pressés, ils veulent des chapitres courts,… ».

Puis l’après-midi, c’est sur une machine à écrire qu’elle tape ses textes -« Ce n’est pas à son âge qu’elle va mettre un écran entre elle et son inspiration! », les corrige au moins dix fois pour que « la musique des mots soit de la simplicité », les relis à haute voix toujours pour la même raison.

Cela fait une journée d’environ 6h d’écriture, chaque jour de l’année…

Quand le livre est terminé (elle en a toujours deux d’avance), c’est elle qui choisit le titre et imagine la jaquette de couverture.

 

Elle nous dira aussi son plaisir d’écrire des scénarios et de voir ses romans adaptés à la télévision même si cela lui a valu quelques déconvenues et caprices de stars ; nous parlera de ses rencontres et de ses amitiés littéraires avec François Cavanna, Nicole de Buron, Jeanne Bourin, François Nourissier, Franz-Olivier Giesbert, Eric-Emmanuel Schmitt et bien d’autres.

 

Une agréable soirée qui s’est terminée sur une note pleine d’optimisme et une jolie phrase « Regardez la petite lumière de la journée et si elle n’existe pas inventez-là » mais aussi sur un petit scoop,  le titre de son prochain roman sera « Voulez-vous partager ma maison ?» où se croiseront des colocataires bien originaux...

 

Et pour ce 57ème roman, gageons que vos lecteurs seront toujours aussi nombreux !

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