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Laurent Mauvignier : l’écriture c’est l’histoire d'amour de ma vie

img 0634C’est devant un public conquis que Laurent Mauvignier s’est dévoilé sur son travail d’écrivain mardi 2 juin 2015 à la médiathèque « Les Temps Modernes » de Tarnos.

«Etre écrivain c'est passer sa vie avec soi-même».


Dès les premières minutes, Laurent Mauvignier nous plonge dans son univers. En abordant son roman « Apprendre à finir » [Livre Inter 2001], il nous fait comprendre que son travail d’écrivain touche à l’émotion, à l’intime. A la description détaillée des situations, il préfère la perception des choses, le ressenti : « l’écriture doit servir à sentir : par des perceptions, on n’a plus besoin de mots ». Le roman est un apprentissage du vivre ensemble, l’art de retrouver dans chaque être un être unique même dans les gestes, les situations les plus anodines. Même s’il ne se passe rien, cela doit être passionnant. Bien sûr, celà demande plus d’effort pour l’écrivain mais procure plus d’émotions pour le lecteur. C’est exactement le but recherché par Laurent Mauvignier.


Son roman « Le lien » (2005) marque un tournant dans le style d’écriture. Il délaisse le monologue pour le dialogue. Il l’explique par l’envie d’essayer d’écrire des livres qu’il ne sait pas écrire « j’aime ouvrir des chantiers ». Il écrit pour être vivant, pas pour passer à la postérité. Dans le roman « Dans la foule » il explore le microcosme du stade de foot du Heysel, lieu clos où les gens s’articulent dans l’intime à travers ce drame collectif. Avec le roman « Autour du monde » (2014), il reprend le même principe : d’un drame collectif, il nous entraine à suivre l’histoire des personnages jusque dans leur intimité.


A ce moment de l’entretien, Laurent Mauvignier se livre avec sensibilité. C’est Marguerite Duras qui lui donne envie de devenir écrivain à 8 ans. Ce projet mûrit pendant de longues années jusqu’en 1999 date à laquelle il décide d’envoyer le manuscrit de « Loin d’eux » aux Editions Minuit. 2 jours plus tard, la réponse de l’éditeur tombe : il en vendra 10 000 exemplaires ! A son grand étonnement et sa plus grande joie car issu d’un milieu ouvrier, il avoue que ce 1er roman fût un roman libérateur de 15 ans et 4 mois de souffrance familiale, d’enfermement, de mal être, de cheminement intérieur. A demi-mots il évoque le suicide 15 ans auparavant de son père, fait marquant qui rejaillit indirectement dans son roman et en fait un roman plutôt intime.


Lorsqu’une auditrice lui demande quel est le roman auquel il est le plus attaché, Laurent Mauvignier cite « Des hommes », roman qui se passe pendant la guerre d’Algérie. Fidèle à lui-même l’auteur ne porte pas de jugement sur les faits, d’ailleurs avoue t’il sa difficulté d’écrire sur ce que l’on n’a jamais vécu : la guerre comme appelé. Pour l’écriture de ce roman, Laurent Mauvignier s’est imposé un ascétisme complet. Comme pour tous ses romans concluera t'il.

La soirée s'est terminée par une séance de dédicaces avant le pot de l'amitié offert par la commune de Tarnos.

 

Retrouvez un extrait de ce que j'appelle oubli

 

Ainsi que la captation de l'intervention à Tarnos

 

 

Touts deux réalisés par la compagnie Propagande Poétik


Enregistrements réalisés avec le soutien de la logDRAC

 

 

 

Sur la médiathèque numérique, vous pouvez accéder à son essai "Visages d'un récit" écrit en 2015.

 

 

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