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Rencontres Tatiana de Rosnay ou le tournant d'une vie

Tatiana de Rosnay ou le tournant d'une vie

 

DerosnayImaginez une jeune femme, à Paris, sous la pluie. Elle protège le somptueux casque de ses cheveux gris sous un grand parapluie de plastique transparent, mais le bas du trench-coat qu'elle a enfilé ce matin commence à dégouliner.

Cette femme n'est ni auteure, ni écrivaine, elle se définit comme « writer », un mot qui lui vient plus naturellement dans sa langue maternelle. Son portable se met à sonner, elle trouve une porte cochère pour répondre à l'abri. Au bout du fil, un grand éditeur, le trentième peut-être.

 

« Non, vraiment, le comité de lecture a réservé à votre manuscrit un accueil très mitigé. Non, nous ne publierons pas. Et puis votre sujet, ça n'intéresse personne. »

Sous le ciel bouché, Tatiana de Rosnay est presque désespérée : elle a tout mis d'elle dans son « Sarah » et personne n'en veut. Personne ? Sauf Héloïse d'Ormesson et Gilles Cohen Solal qui vont s'emparer de ce texte, une « bouteille jetée à la mer», pour le porter vers le succès que l'on connaît. Comme le Nicolas de « A l'encre russe », Tatiana vient de trouver plus qu'un éditeur, son éditeur, quelqu'un qui croit en elle, auprès de qui elle se sent en sécurité pour affronter le tsunami que va provoquer la publication de « Elle s'appelait Sarah » et son adaptation cinématographique.

 

 






Derosnay2Place à l'émotion

 

 

Avec ce roman, un sujet comme la rafle du Vel d'hiv est enfin abordé dans les collèges et on y retrouve les thèmes de prédilection de Tatiana : comment le passé influe sur le présent, les secrets de famille, la quête des origines, l'importance des maisons en tant que personnage.
Si chaque roman est différent (un roman historique, un polar, une pseudo-autobiographie, un roman épistolaire), si le style varie ou évolue de l'un à l'autre, ce que cherche notre auteure, c'est l'émotion comme mécanique. Elle aime « prendre des risques » et expérimenter pour éviter que son lecteur ne « ronronne d'ennui ».


Aujourd'hui, confinée dans une chambre monacale, elle travaille sur des histoires courtes, persuadée que le monde actuel laisse une place à la lecture de textes brefs et c'est le thème de l'infidélité qu'elle a choisi de développer.
Deux de ses romans sont en cours d'adaptation pour la télévision ou le cinéma.
« Un écrivain, affirme-t-elle, n'est pas un produit ; un livre n'est pas un paquet de lessive ». Et, que l'on soit auteur ou lecteur, il convient de « faire un beau voyage ».
Soyez certaine, chère Tatiana, que les 70 personnes venues vous écouter jeudi 13 mars, dans la jolie bibliothèque de Parentis, ont fait un beau voyage, sous le charme de votre verve teintée d'humour et de votre zeste d'accent très british.

 

 

 

    Retrouvez les romans de Tatiana de Rosnay dans nos collections :

 

 

 

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